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L'histoire du massacre d'espinasse

 

Mesdames et Messieurs,

 

Nous sommes réunis en ce jour pour nous souvenir de l’événement tragique qui s’est déroulé ici, à Espinasse, il y a maintenant 74 ans.

C’est ici même qu’ont trouvé la mort 29 maquisards et que 4 habitants ont été fusillés pour l’exemple, le 27 juillet 1944

Ce monument symbolise le sacrifice de ces hommes et le combat contre la barbarie et l’occupation nazie.

Les anciens, ici présents, se souviennent de cette période douloureuse et de la tragédie qui s’est déroulée ici.

Pour que les plus jeunes comprennent ce qui s’est passé, je vais tenter de retracer le cours des événements :

Un bref rappel du contexte : Comme chacun le sait, en 1944, le pays est sous l’occupation de l’armée Hitlérienne. La vie quotidienne est marquée par les privations, les brimades, les réquisitions, la suspicion et la peur.

Mais la Résistance se renforce et s’organise. Les forêts de Dordogne abritent les patriotes qui se regroupent dans le maquis. Faiblement armés, soutenus par une majorité de la population, ils vont développer des actions clandestines destinées à harceler sans répit les forces d’occupation allemande : sabotages de voies de communication et embuscades vont mettre une pression sur l’armée ennemie.

Alors que certains résistent activement, d’autres au contraire ont choisit de collaborer avec l’ennemi…

Le 24 juillet 1944, les Résistants de la section Paul Henri, unité du groupe Rolland de l’Armée Secrète, stationnent à la ferme de La Martinière (tout près d’ici, sur la commune de Chantérac).

Les Maquisards arrêtent un certain Duriez, suspecté d’être un traître à la solde des Allemands. Son interrogatoire n’ayant pas permis de réunir de preuves suffisantes, il est relâché le lendemain soir.

Dès le surlendemain, ce même Duriez, qui était bien un collaborateur, revient avec une unité d’intervention Allemande pour attaquer le camp de La Martinière.

A la pointe du jour, ils tentent d’encercler la ferme pour créer un effet de surprise.

Le chien donne l’alerte.

Les combats s’engagent donc avant que l’encerclement ne soit total.

Beaucoup moins bien armés que les Allemands, leurs chances de remporter la bataille sont quasiment nulles. L’adjudant Denis, lucide face à la situation, donne l’ordre d’un décrochage rapide et de l’envoi d’une estafette auprès des autres groupes de Résistants, pour les avertir de cette attaque et solliciter un soutien ou une diversion.

La section réussit à décrocher, laissant un blessé sur le terrain, qui sera achevé par les Allemands qui pillent et incendient la ferme. Pendant ce temps, au camp de Virolles, près de St Etienne de Puycorbier, au cœur de la forêt de la Double, le groupe François, unité des Francs Tireurs Partisans du 4ème bataillon, reçoit l’alerte et décide d’envoyer un détachement au secours du groupe qu’ils supposent toujours encerclé.

Vers 13 heures, le groupe de Résistants arrive à Maillepot (juste en bas de la côte). Manquant d’informations sur la situation exacte, ils décident de monter une embuscade à cet endroit, autour du pont qui permet de franchir Le Salembre, pour surprendre les Allemands.

Les Allemands qui justement s’apprêtent à repartir, sont prévenus par un traître, au niveau du Moulin de Landry, qu’une embuscade les attend.

Ils décident d’attaquer les Maquisards, d’une part, en les contournant en longeant discrètement le Salembre et, d’autre part, en disposant 2 mitrailleuses sur la colline de Puycrolet, au lieu-dit Le Caveau, un point stratégique qui permet de dominer tout le secteur.

Ce qui fait que les Maquisards, au lieu de surprendre le détachement Allemand lors de son passage, sont eux-mêmes attaqués par surprise, simultanément de flanc et par la mitrailleuse, d’une redoutable efficacité dès les premiers tirs.

Aussitôt les FTP décident de décrocher vers le village d’Espinasse et le vallon d’Auriac, pour tenter de se mettre à l’abri. Malheureusement les quelques genévriers qui poussent dans le secteur ne constituent pas des protections suffisantes vis-à-vis des mitrailleuses.

7 à 8 Maquisards sont tués. D’autres se réfugient dans le village, qui va rapidement être encerclé par les Allemands.

Là les Résistants vont combattre vaillamment, jusqu’à épuisement de leurs munitions.

Vers 17 heures, tout est terminé : Le groupe venu de Virolles est complètement anéanti. Les Allemands n’épargneront pas les blessés.

Et en guise de représailles, pour marquer les esprits, ils décident en plus de faire un exemple, en fusillant 4 habitants d’Espinasse et en incendiant le village.

Des événements tragiques de ce type, il y en eu malheureusement beaucoup d’autres, dans la région bien sûr et dans tout le pays. Les Allemands qui utilisaient la terreur comme une arme psychologique, pensaient faire cesser les combats et dissuader la population civile de soutenir les Résistants. C’est l’effet inverse qui se produisit.

Face aux actes de cruauté commis, de nouveaux combattants se sont décidés à rejoindre la Résistance, au péril de leur vie.

Ce devoir de mémoire, nous le devons aux 33 victimes tombées ce jour-là et à leur famille. C’est ainsi que chaque année nous rendons hommage à ces hommes qui se sont battus pour notre liberté.

Pour que demain ce genre de drame ne se reproduise pas, nous nous devons d’être vigilants et de ne jamais oublier que la guerre conduit à la barbarie et à l’horreur.

Il est essentiel de rester fidèle à la mémoire de tous ceux qui ont lutté pour notre liberté et sans qui nous ne serions probablement pas là aujourd’hui.

Afin que ces sacrifices ne soient pas vains, et que la paix soit maintenue très longtemps encore, nous devons veiller à protéger les fondements de notre République que sont la démocratie et la liberté.

 

Vive la France

 

 

 

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